Le quartier France de Grand-Bassam : un patrimoine culturel oublié

Lorsque le mot « Grand Bassam » résonne à vos oreilles, vous pensez tout de suite aux cocotiers, à la mer, au beau soleil… Cette réflexion est tout à fait fondée quand on sait que Grand-Bassam s’érige en ville balnéaire la plus populaire du Sud de la Cote d’Ivoire.

Curiosité pour les touristes, fierté pour les locaux, la ville de Grand Bassam en attire plus d’un. Mais au-delà de ses beaux paysages, Grand Bassam est une ville historique qui cache une bonne part du patrimoine culturel ivoirien, aujourd’hui reconnu au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Afin donc de corriger cette inattention de notre part, nous irons étape par étape découvrir la ville de Grand Bassam plus précisément le quartier France et les nombreux sites qu’il possède.

Le quartier France de Grand-Bassam, attraits culturels et touristiques

Le quartier France est le lieu de l’explosion historique de la Cote d’Ivoire. Par son nom, il garde l’arrière-gout  de la colonisation. Cependant, au-delà des réalités douloureuses qu’on put connaitre nos ancêtres, nous bénéficions aujourd’hui d’un immense héritage culturel et historique.
L’Unesco n’est pas resté indifférente dans la mesure où la ville de Grand-Bassam est reconnue à son patrimoine mondial.
L’héritage culturel et historique de la Cote d’Ivoire (au niveau du quartier France) se cache à :

La Maison des artistes de Grand-Bassam

la maison des artistes- façade
Vous rendrez témoignage de l’originalité de la maison des artistes. Bâtisse vétuste, quelque peu délabrée, la maison des artistes reprend vie avec les têtes qui l’ornent. En effet, la façade de la maison des artistes est recouverte de leur visage ainsi que de messages d’eux. Ces citations varient d’un artiste à l’autre selon leur philosophie de vie.

Aux origines de la maison des artistes

Ancien Wharf, la maison des artistes était un lieu de stockage, de débarquements des marchandises importées avant d’être repris par ses actuels locataires. Depuis quelques années, les artistes ont en ce lieu une maison. Il s’agit d’une maison dans laquelle ils ne résident pas mais travaillent.

Les principes de la maison des artistes

Chaque maison a ses règles. Partant de ce principe, la maison des artistes interdit les prises de vue. Lorsque vous serez prêts à vous y introduire, rangez vos téléphones.
Pourquoi ? Sûrement pour voiler et protéger l’esprit créateur des regards et objectifs malveillants. Selon les explications d’un artiste, le fondement de cette prohibition est la peur d’une reproduction illicite des œuvres.

intérieur de la maison des artistes

La maison des artistes, c’est plus de 30 artistes

Dans une symphonie quelque peu discordante, vous verrez les artistes à l’œuvre. Dans un mélange de technique allant du figuratif à l’abstrait, les artistes donnent le meilleur d’eux même. La maison des artistes abrite des personnes qui vivent dans l’ombre et s’y plaisent. Vous ne les trouverez pas sur les réseaux sociaux du moins pour la majorité.
Dans un esprit d’authenticité la maison des artistes (sur)vit grâce aux ventes et aux dons. Lieu de conception artistique, elle est aussi le lieu d’exposition de ces œuvres.
Le cout des œuvres varie d’un artiste à l’autre (souvent selon la tête du client ; faites- donc attention si vous êtes touriste). Pour sûr, il y en a pour toutes les bourses.

Le musée des costumes


L’ambiance des grandes villes fait assimiler à la notion de costume des vestes, ensembles tailleurs…
Quel serait l’intérêt de faire un musée pour exposer ce genre de costumes ? Autant l’appeler magasin, vous me direz.
Mais non, non… C’est plus profond que ça.
Le musée des costumes répond à un besoin de sauvegarde du patrimoine culturel ivoirien.

Aux origines du musée des costumes

Situé à Grand-Bassam (Au quartier France), le Musée des costumes ne l’a pas toujours été. Autrefois, il était question du palais du gouverneur. .BINGER y a donc vécu en 1893 jusqu’à ce qu’il l’abandonne trois ans plus tard soit en 1896 à cause d’une épidémie de fièvre jaune. Cette épidémie aura décimé ¾ de la population vivant à Grand Bassam à cette époque, principalement les colons.

Le musée des costumes, pas que des costumes

Le musée des costumes de Grand Bassam s’étend sur 4000 m2. Il a hérité de l’architecture coloniale. Son ossature métallique lui assure subsistance jusqu’à ce jour.
Le musée des costumes, c’est un ensemble de persiennes qui s’établie du rez de chaussé à l’étage.N’oubliez pas de faire un tour dans la douche du gouverneur. Vous serez surpris de la modernité qui y siège. Malgré le poids des années, elle reste toujours d’actualité.
Le plus intéressant reste l’échelle dissimulée dans l’une des pièces du premier étage. Elle servait de passage secret au gouverneur mais aussi de lieu d’espionnage (des esclaves) et de repérages (de belles jeunes esclaves)… allez deviner la suite !
A côté de toute l’histoire que renferment ces murs, le Musée des costumes est aussi témoin d’une Cote d’Ivoire où masques et costumes avaient toute leur légitimité. Une chose est que les objets que vous y trouverez sont désacralisés. En effet, ils n’ont plus de pouvoirs. Cependant, ne rejetez pas du revers de la main le fait qu’ils aient pu en avoir un jour.

Nous sommes en Afrique, berceau de l’humanité, continent où l’impossible devient possible.

Selon les régions, vous verrez donc des tenues remplies de sens, de royauté et d’essence. ; L’essence d’une culture morte qui attend que nous lui redonnions un souffle nouveau.
Au Musée des Costumes, découvrez les attributs de la royauté Akan, le Glè, la Komian, la Wolosso…
Vous pourrez aussi vous faire une idée de l’architecture coloniale qui varie d’une région à une autre.
Ce que je déplore, c’est vraiment l’absence de masques que j’affectionne particulièrement, populaires et d’autant plus caractéristiques du restant de culture « bien vu ». Je vous parle du GOLI et du ZAOULI.

Tarifs et Horaires d’ouverture du Musée des costumes

Le Musée des costumes est ouvert du Mardi au Samedi de 08H à 17H

Tarifs :

Elèves et étudiants : 200FCFA
Adultes nationaux : 500FCFA
Non-Nationaux : 1000FCFA

Votre chemin au Quartier France s’annonce parsemé de batiments oubliés et vétustes, de la paroisse Sacrée Cœur, de bons petits restau comme le Blue Lagoon Marina, non loin du Centre culturel Jean-David Mockey. En un mot, je vous passe le flambeau de cette belle aventure, le temps d’une journée ou d’un week-end.

Quel est votre parcours idéal?

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