Prête-moi ton rêve : dreams comes true !

Avez-vous déjà vu un de vos rêves devenir réalité ? Moi si. Ils m’ont prêté leur rêve et il est devenu ma réalité le temps d’un événement.

Quand, je suis dépassée par les événements et que les mots ne suffisent plus, il m’arrive de demander de l’aide à Shakespeare (tout ça pour justifier l’utilisation de l’anglais dans le titre).

Pour commencer, avouez que je suis une drôle de blogueuse ; le genre que la première personne dérange. Parler de moi ? Je trouve cela tellement trop égoïste ! Pourtant il le faut et pour une fois, je m’y essaie.

Prête-Moi ton rêve : les rêves deviennent réalité

L’histoire commence …

Un jeudi matin, réveillée à 5H du matin, les yeux encore lourds, j’allais gentiment emprunter mon gbaka (appellation mini car pas très neuf en Côte d’Ivoire) quand sur la route de l’université, je flashe sur une affiche.

Pour ceux qui ont manqué un épisode, je spoile : je mène une double vie. Un jour je suis étudiante en droit, et l’autre blogueuse, jeune femme « battante », celle qui on a l’impression, travaille déjà. Disons plutôt que c’est ma réalité presque tout le temps vu les jours où après les cours, je cours me changer et me rendre présentable pour participer à des événements auxquels je suis invitée. Bref, revenons-en au fait.

L’affiche était d’un bleu nuit, presqu’envoutant. Pour sûr, elle m’appelait.

« Whaaaaaaaaaaaaaaaat !? »

C’est exactement ce qui s’est passé dans ma tête quand j’ai lu l’affiche.

Je chuchotais à répétition:

C’est un truc de malade, c’est un truc de malade !

Les gens autour de moi m’auraient pris pour une folle. Sinon j’aurais crié :

Hey ! Oui toi ! Tu sais ce qui se passera dans ton pays ou plutôt ce qui se passera ? 

J’avais envie de chanter, j’avais envie de danser, tout plein d’émotions positives se bousculaient en moi. Nous étions en janvier que je me projetais déjà trois mois plus tard. Il y avait sur l’affiche des noms que je connaissais pour avoir déjà rencontré ces artistes et d’autres simplement par le biais d’internet. Dans tous les cas, il s’agissait de grandes pointures de l’art contemporain africain.

Toute cette journée de cours, je n’ai fait que penser à ça. Plongée dans mes pensées au milieu du brouhaha d’étudiants qui se taquinaient çà et là, j’imaginais.

Rencontrer Abdoulaye Konaté, revoir Kofi Setordji avec qui j’ai fait connaissance lors de mon séjour au Ghana, à côté de Ernest Dükü pour qui j’ai énormément d’admiration sans compter Barthélémy Toguo dont j’avais découvert le travail lors d’une projection pour amateurs d’art… Ayayaye, il y avait trop d’informations pour mon cerveau.

Je ne savais pas comment, mais j’étais sûre d’une chose : je devais participer à cet événement.

Un mois plus tard : Février 2020

Le temps est passé. J’avais et ce, depuis janvier finalement, compris que je participerai à cet événement. Il s’imposait à tout acteur de l’art en Côte d’Ivoire et sans prétention aucune, j’en suis une.

Comment je savais que j’y serai ? Simple ! J’avais été retenue en Aout 2019 en tant que « rédactrice web du Marché des Arts et du Spectacle d’Abidjan » et Prête-moi ton rêve entrait en quelque sorte dans ce marché. Pourtant, Dieu me réservait une surprise plus grande.

Au cours de ce mois, je reçus un appel de l’un de mes mentors qui me demanda :

Qu’est-ce que tu fais actuellement ? 

Je lui expliquai que j’avais repris les cours et que j’étais donc dans la période où je mettais les autres choses de côté pour me concentrer sur le but ultime : valider mon année sans encombre.

Sans me dire l’objet de son appel, il se résolut juste à me demander de lui faire signe une fois que j’aurai plus de temps. Chose que je fis un mois plus tard soit début mars. Je me rappelle, c’était un samedi, je venais de finir de composer en sécurité sociale et c’était la dernière épreuve pour clore notre année académique à l’université de Cocody.

Après cet appel, rendez-vous était pris à son bureau dès le premier jour de la semaine qui suivait.

Prête-moi ton rêve …

Vernissage à Abidjan de l’exposition Prête-moi ton rêve

Prête-moi ton rêve est une exposition itinérante. Il s’agit d’une initiative de la fondation pour le développement de la culture contemporaine africaine (FDCCA).

Selon les dires du professeur Yacouba Konaté (commissaire d’exposition), elle répond au besoin de restaurer la « mémoire fantôme ». Autrement, il se créé un dynamique au plan international de l’art contemporain africain. Toutefois, l’Afrique reste en marge de cette histoire qui s’écrit du fait que les plus grands rendez-vous se passent en occident. Il s’agit donc d’une sorte de restitution du travail artistique de ses contemporains aux africains.

Prête-moi ton rêve veut sillonner l’Afrique entière. Après son inauguration au Maroc, elle s’est rendue à Dakar avant de débarquer à Abidjan.

Prête-moi ton rêve, c’est la plus grande exposition panafricaine jamais montée en Afrique.

De gauche à droite, Anne Lemaistre (représentante de l’UNESCO en Côte d’Ivoire) et Madame Guirandou devant des oeuvres de Meriem Bouderbala

Le 02 Mars 2020, je me rendis au siège du MASA où j’avais rendez-vous avec le professeur.

Quelques minutes après avoir été annoncée, il me reçut. A peine m’étais-je assise, que je venais d’avoir du travail. Oui, tout à coup subitement, un grand événement venait de se passer dans ma vie : je venais d’être nommée coordinatrice interne des expositions du MASA.

A deux semaines de l’événement, moi qui n’ai jamais été diplômée d’une école d’art, moi qui n’avais jusque-là fait que des stages devait entrer en fonction avec un compte à rebours qui expirerait dans deux semaines.

Cette opportunité était bien plus qu’un travail ; c’était une mission.

Oui, le rêve m’a été prêté. 

De simple spectatrice, je suis devenue actrice de cet événement sur lequel j’avais tant conspiré ; je suis devenue une conspiratrice du bonheur.

Finalement, c’était moi qui avait en charge l’accueil, le planning et le séjour des artistes qui venaient pour l’exposition « prête-moi ton rêve ».

Dreams come true

La photo à 100.000$

Passionnée comme jamais, ayant déjà l’habitude de l’adrénaline qu’entraîne l’organisation des événements, j’ai tout donné. J’étais là pour les attendre, les yeux plein d’admiration à l’aéroport, coordonner leurs déplacements…

J’ai fini par comprendre la citation qui dit «  Faites ce que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie. »

En effet, je ne travaillais pas, j’apprenais. De ma bonne gestion comme de mes erreurs, je me nourrissais pour grandir et devenir meilleure. En écrivant ces lignes, je suis pleine de gratitude.

Du haut de mes 22 ans j’ai pu entrer dans « la cour des grands », déjeuner à quelques centimètres de  collectionneurs comme Amadou Toungara, David Brolliet, échanger avec le grand Abdoulaye Konaté comme si nous avons été amis toute notre vie (lol) entendre Sithabilé me dire « You’re THE FUTURE ».

En compagnie d’Abdoulaye Konaté, un artiste mais surtout une personnalité dont les oeuvres suscitent l’admiration

J’ai vécu une expérience divine qui restera à jamais gravée dans mon cœur et dans l’histoire. Juste vous dire : ne cessez jamais d’y croire, tout vient à point nommé à qui sait attendre.

Et par la grâce de Dieu, ce n’est que le début du commencement.

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