Street Vendors : de la rue à Louisimone Guirandou Gallery

Chaque journée est meublée d’une routine. A Abidjan, le train-train quotidien nous plonge au cœur des embouteillages. Dans ces moments, une animation qu’on ignore presque agrémente notre attente : les vendeuses de rue.

Qui sont-elles ?

Les vendeuses de rue sont des jeunes filles dans la fleur de l’âge. On pourrait les estimer malchanceuses dans la mesure où elles ne font pas forcément de longues études ou sont orphelines. Cependant, une chose est sure : ce sont des battantes.

A l’assaut des rues, sous le soleil de plomb, elles sont d’une vigueur hors du commun. Leur moment d’intervention se situe souvent à la venue du feu rouge. Mettant leur vie en danger, elles n’hésitent tout de même pas à poursuivre les voitures dans l’espoir que le potentiel client ne leur file pas entre les doigts.

Ces « Street Vendors », nous les rencontrons, nous les ignorons. Mais pire, jamais nous n’allons au cœur de leur histoire dans la mesure où elles disparaissent aussi vite qu’elles sont apparues.

C’est pourtant ce qu’a fait Yseult Digan, leur consacrant un projet entier qui passe aujourd’hui de la rue aux murs de Louisimone Guirandou Gallery.

Qui est Yseult Digan ?

Avec pour nom d’artiste « YZ » qui se prononce « eyes », on peut dire qu’Yseult Digan est vraiment l’œil qui voit au-delà de ce que l’on voit ; cet œil-là qui arrive à déceler des émotions dans des situations les plus ordinaires du quotidien.

D’origines franco-anglaises, YZ grandit dans un univers bercé de créativité avec des parents tous deux artistes. A son tour, elle trouve sa voie dans l’art de rue auquel elle donne une nouvelle orientation. Il ne s’agit plus de simples tags de noms d’artistes comme on a l’habitude de rencontrer dans la capitale ivoirienne mais bien de photographies. Nous en parlions déjà dans cet article.

YZ utilise la technique d’encre de chine sur papier de soie marouflé (collé) sur différents supports tels que les tôles, le bois ou même du ciment.

Sa technique lui vaut en 2017 d’enflammer le public ivoirien, non encore habitué à cet art de rue différent, beau et revalorisant.

Focus sur Street Vendors

Pour toute personne qui ne connaitrait pas l’origine de ce projet, elle verrait en ces femmes n’importe quelle femme africaine. Belles, jeunes, pétillantes, les vendeuses de rue sont montrées sous un profil insoupçonné. Au-delà de la photographie, la sculpture et même la peinture intègrent le projet « Street Vendors ». Avec des objets en métal, des clous, et autres matériaux, Yseult réalise une performance remarquable. Elle pare de bijoux ces belles demoiselles ; les mettant en valeur le temps d’un instant, d’un regard jeté à leurs photographies.

Face aux portraits d’Yseult, on accorde plus de temps à ces jeunes filles qu’on ne le ferait en réalité. Cette confrontation suscite un éveil de conscience, nous rappelant que derrière chaque être humain, se cache une histoire et que derrière chaque histoire, se cache un quotidien, un vécu différent du nôtre. Street Vendors est une invitation à sortir de sa zone de confort et à être plus soucieux des maux qui minent nous entourage auxquels nous sommes quasi-aveugles.

D’un projet de rue à une exposition en galerie

On connait LouiSimone Guirandou Gallery pour ses belles propositions. Mais s’il y a une à laquelle on ne s’attendait pas, c’est bien celle-là. La galerie réalise ainsi une transition parfaite entre le Street Art et l’art contemporain donnant ainsi la chance aux artistes de « rue » de sortir des sentiers battus pour intégrer un environnement plus classique.

Aujourd’hui, cet avant-gardisme dont fait preuve LouiSimone Guirandou Galerie est un espoir pour tous ces artistes qui entendent révolutionner le monde de l’art contemporain en Côte d’Ivoire. On se demande quelle surprise elle nous réserve encore.

En attendant, Street Vendors se poursuit jusqu’au 30 Mai.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.